Au lendemain du 9ème Sommet de la CIRGL, les Présidents Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye ont scellé leur alliance bilatérale à Kinshasa. Si l’agenda visait à harmoniser leurs approches dans les Grands Lacs, l’événement marquant fut la signature d’un mémorandum d’entente agricole. Cet accord, couvrant la recherche agronomique, la formation et l’échange d’experts, déploie une diplomatie de la terre inattendue, plaçant le secteur agricole au cœur de la réponse bilatérale à la crise transfrontalière.
La rencontre, d’abord tenue seul à seul pendant une demie heure avant de s’élargir aux collaborateurs, avait pour objectif affiché de coordonner leurs positions régionales. Pourtant, en pleine tension sécuritaire, c’est l’agriculture qui a reçu l’impulsion politique majeure, avec la signature d’un MoU pour l’échange d’experts et des projets conjoints.
Ce choix interroge. Alors que les défis sécuritaires appellent à une consolidation de la solidarité régionale » face à l’agression, les deux Chefs d’État décident d’accélérer les projets transfrontaliers dans le domaine agronomique. Ce Mémorandum d’entente, qui s’ajoute sur une liste de plusieurs accords déjà signés, est-il le signe d’une volonté de bâtir la paix par un développement économique tangible, ou traduit-il une difficulté à trouver un consensus immédiat sur la stratégie sécuritaire, reportant l’action concrète à travers les échéances de la CIRGL ? Seul l’impact sur les champs et non sur les fronts révélera la pertinence de cette nouvelle priorité.

Journaliste économique, je décrypte l’actualité financière et les tendances du marché. Spécialiste en communication des organisations, j’analyse leurs stratégies. Consultant, j’élabore des stratégies de communication globale percutantes pour les entreprises. Mon expertise se situe à l’intersection de l’économie, de la communication et du conseil.



